# Vumètres et loudness

## À quoi ils servent {#meters}

Vos oreilles s’habituent à tout ce qu’on leur donne : au bout d’une minute, n’importe quel niveau semble normal. Les indicateurs, eux, ne s’habituent pas. Ils répondent à deux questions auxquelles les oreilles ne peuvent pas répondre : y a-t-il quelque chose de trop fort pour que le fichier le contienne, et à quel point ce morceau sonnera-t-il fort à côté des autres ? La [table de mixage](/manual/mixer) les affiche pendant que le morceau joue : chaque tranche a un indicateur de niveau, et à côté de la tranche master se trouvent les relevés **Loudness**, **Now** et **True peak**, ainsi qu’un **Spectrum**. Survolez l’un d’eux pour savoir ce qu’il mesure.

Les idées derrière cette page sont [Le volume a un plafond](/manual/sound-in-ten-ideas#loudness) et [Le volume pour le streaming](/manual/sound-in-ten-ideas#streaming).

## Crête {#meters-peak}

Le niveau le plus haut que le son atteint à un instant donné, en décibels sous le plafond de 0 dB. Chaque tranche de la [table de mixage](/manual/mixer#meters) a un indicateur gauche et un indicateur droit à côté de son fader, et un fin repère qui garde le niveau le plus haut pendant une seconde ; c’est celui du master qu’il faut surveiller. Quand le repère dépasse 0 dB, il devient rouge : le son a saturé. La crête dit si le son tient dans le fichier ; elle dit peu de la force perçue, car un coup de batterie peut avoir une crête très haute et être déjà passé avant que l’oreille l’ait enregistré.

## True peak {#meters-true-peak}

Une crête plus stricte. Un fichier numérique enregistre le son sous forme de points, et à la lecture, l’onde entre deux points peut monter un peu plus haut que l’un ou l’autre. True peak mesure cela. Gardez-la sous environ −1 dB sur le master, et le morceau survit à une conversion en MP3 ou à une lecture par un service de streaming sans saturer. Le relevé **True peak** à côté du master est la valeur la plus haute depuis le début de la lecture ; il change de couleur quand il dépasse −1 dB.

## Intensité sonore {#meters-loudness}

L’intensité sonore perçue par un auditeur, moyennée dans le temps et pondérée comme l’est l’audition : un grondement à 40 Hz compte moins qu’une voix à 2 kHz du même niveau. Elle se mesure en **LUFS**. L’échelle fonctionne comme les décibels : −14 LUFS est plus fort que −20. La table de mixage affiche deux nombres. **Loudness** est mesurée depuis le début de la lecture : une fois le morceau entier joué, c’est l’intensité sonore du morceau. **Now** est l’intensité sonore des trois dernières secondes : elle montre quels passages sont les plus forts. Les deux, comme le true peak, repartent à chaque lecture et affichent un point tant qu’il n’y a pas de son à mesurer.

Deux morceaux à la même crête peuvent différer énormément en intensité sonore, et c’est l’intensité sonore que remarque l’auditeur.

## Streaming {#meters-streaming}

Les services de streaming mesurent l’intensité sonore de chaque morceau et baissent les plus forts, pour que tout joue à peu près au même niveau, autour de −14 LUFS. Quand vous [exportez](/manual/mixer#export-loudness) un morceau **For streaming**, le studio le mesure, le règle à ce niveau par un simple changement de gain, et indique dans la barre d’état ce qu’il a fait : baissé, monté, ou impossible à atteindre sans saturer. Un morceau bien au-dessus de ce niveau n’y gagne rien : il est baissé, et il ne reste que l’aplatissement causé par la poussée.

<AudioSet title="Deux masters d’un même morceau" hint="Ils sont à leur niveau réel. Comparez le deuxième et le troisième : aussi forts l’un que l’autre, et celui qui n’a pas été poussé a plus de vie." :examples="[['idea-streaming-loud', 'Poussé aussi fort que possible'], ['idea-streaming-dynamic', 'Laissé à −14 LUFS'], ['idea-streaming-loud-turned-down', 'Le plus fort, tel qu’un service le joue']]" />

Ce n’est pas une règle pour atteindre un chiffre. C’est une raison de ne pas courir après le volume : réglez le niveau final avec un [Limiteur](/manual/limiter) là où le morceau sonne le mieux, et laissez le service faire le reste.

## Spectrum {#meters-spectrum}

À côté du master, la table de mixage dessine aussi les fréquences dont le mix est fait, de 20 Hz à 20 kHz : le grave à gauche, l’aigu à droite, et plus c’est fort, plus c’est haut. C’est la même image que dessine l’[Égaliseur](/manual/equaliser#eq-spectrum) pour une piste, ici pour le morceau entier. Un mix qui a un trou ou une bosse le montre ici avant que vous puissiez le nommer à l’oreille ; comparez sa forme à celle d’un morceau que vous aimez, passé par le même master.

## Plus fort semble meilleur {#meters-equal-loudness}

De deux versions d’un même son, l’oreille préfère la plus forte, même quand la différence est trop petite pour être perçue comme du volume : elle semble plus claire, plus pleine, plus proche. Cela trompe tout le monde, et c’est pourquoi un module qui n’a fait que rendre le son plus fort semble l’avoir amélioré. Comparez un module activé et désactivé, ou votre morceau avec celui de quelqu’un d’autre, uniquement à intensité sonore égale.

<AudioSet title="Lequel sonne le mieux ?" hint="C’est le même enregistrement. L’un est 6 dB plus fort." :examples="[['volume-minus-6', 'L’un'], ['volume-zero', 'L’autre']]" />

## Mono {#meters-mono}

À quel point le morceau survit à une lecture sur un seul haut-parleur. Quand les côtés gauche et droit concordent, la lecture en mono ne perd rien. Quand ils divergent fortement, des parties du morceau s’annulent et disparaissent sur un téléphone ou sur un haut-parleur unique. Pour vérifier, mettez les pistes dans un groupe (sélectionnez-les et choisissez **Group selected tracks**), ajoutez un [Utilitaire](/manual/utility) au groupe, et activez [Mono](/manual/utility#utility-mono) un instant : ce qui disparaît a deux côtés qui s’annulent, et [Flip phase](/manual/utility#utility-phase) sur l’une des pistes concernées est la correction habituelle.
